Clef 5 : LE DÉTACHEMENT

Extrait tiré du livre "En Chemin vers Soi , les 7 Clefs"

Attachement, non-attachement, détachement. L’un vaut-il mieux que l’autre ? Est-il possible d’aimer sans s’attacher ? Il paraît que oui. C’est l’Amour inconditionnel, celui qui donne sans rien attendre en retour, celui qui ne se calcule pas, celui qui ne fait jamais dire : « avec tout ce que j’ai fait pour toi ! ». Celui à qui l’on donne peut-être indifférent, peu importe, on lui donne parce qu’on aime l’être humain qu’il est, même s’il paraît plein de défauts, même si l’on sait que la rencontre sera de courte durée. Il n’y a dans cet amour aucune attache, seulement un instant présent pleinement vécu, un instant où l’on se sent poussé à donner pour donner, donner par plaisir, donner par amour et non par devoir.

La différence est grande. J’ai connu des gens qui donnaient par devoir : ils ne savaient pas donner. C’est leur tête qui donnait, pas leur cœur, et dans ce genre de don il y a toujours une attente, même inconsciente, d’un retour, qu’il soit affectif ou matériel. Ce retour souhaité peut être la Grâce Divine ou la reconnaissance d’un tiers, mais ce retour est attendu.

Les années passent et les personnes qui donnent de cette façon deviennent aigries de ne pas avoir reçu à la hauteur de leur don. Et pourtant si ! Elles ont reçu à la hauteur de leur don, mais elles ont reçu d’une façon différente de celle espérée - tout comme ceux à qui elles ont donné ont reçu d’elles d’une façon différente de celle espérée - elles ont reçu comme elles ont donné, médiocrement. Leur don manquait d’amour, de plaisir et de notion de partage qui doivent toujours être dans ce qui est donné, que ce soit un morceau de pain ou de son temps. Le retour aura toujours lieu, à la hauteur de l’acte accompli, mais le retour ne viendra pas forcément de la personne à qui l’on a donné. Qu’importe ! Puisque la Vie est partage, l’échange est multiple. Pourquoi vouloir absolument « être en compte », attendre le retour de celui ou celle à qui l’on a donné ? Pourquoi se sentir toujours obligé de « rendre » ce qui a été offert (comme « rendre une invitation » par exemple) ? Lors d’un pique-nique entre amis, l’un peut donner de la quiche à l’autre, juste pour partager, et recevoir du gâteau d’un troisième. L’échange a eu lieu. La quiche a été donnée sans attente de retour et le retour a eu lieu dans le plaisir. Si, avant de partager notre quiche, nous regardons non pas qui a faim mais qui pourra nous rendre, nous aurons perdu cette notion d’échange véritable, nous serons dans une relation de troc et non plus dans une relation de don. Nous serons attachés à notre part de quiche et à ce qu’elle pourra nous rapporter. Observez les autres actes du quotidien. Vous pouvez donner de votre temps à une personne et recevoir de la gratitude d’une autre (si vous donnez des cours particuliers, les parents peuvent vous être plus reconnaissants que l’élève).

- ( la petite voix) : "Je croyais qu’on parlait du détachement !?!"

Je parle du Don et de l’Amour inconditionnel dans ce chapitre simplement parce qu’ils sous-entendent la notion de détachement. Il faut savoir être détaché du retour, affectif ou matériel, lorsque l’on donne. Il faut savoir être détaché du retour, affectif ou matériel, lorsque l’on aime. Je pourrais aussi glisser quelques lignes sur le couple à ce propos. Qu’est-ce que l’amour de l’un pour l’autre ? Ne dit-on pas du mariage que c’est se passer la corde au cou ? Ne parle-t-on pas des liens familiaux, des liens de sang ? Attaches, ah ! Taches et ah ! Tâches... Toutes les attaches vont créer des taches et des tâches. Je ne dis pas que ce n’est pas bien, je dis simplement que c’est. Lorsque nous sommes fortement attachés à une personne, à un bien matériel, à un lieu, à un emploi, etc... il y aura un véritable travail à accomplir – une tâche – pour accepter de lâcher cette attache si la Vie nous propose une séparation (l’Impermanence) alors que notre réaction première est le refus du changement, le refus de la séparation, le refus du détachement.

Voulez-vous quelques exemples pour voir jusqu’où se loge l’attachement ? Vous êtes attaché(e) à votre conjoint (quoi de plus logique) mais, si vous détaillez, à quoi êtes-vous réellement attaché(e) ? A son physique ? A son comportement ? A ses habitudes ? A ce qu’il vous apporte ou à ce que vous lui apportez ? Votre conjoint, avec le temps, va forcément évoluer, changer, tout comme vous. Tout d’abord son physique va se transformer ; si votre attache à ce physique est trop importante vous souffrirez de cette transformation, pourrez exiger de la chirurgie esthétique, ou vous pourrez carrément changer de conjoint. Cela peut paraître extrémiste, mais cela existe. Si c’est son comportement qui change, vous lui reprocherez « d’avoir tant changé », de « n’être plus comme avant », et vous pourrez vous sentir incompris(e) (« tu ne m’aimes plus comme avant... »).

Le même scénario peut s’appliquer aux habitudes si, à aucun moment, vous n’avez accepté la mouvance de la vie, cette mouvance qui fait que rien ne reste figé (à nouveau l’Impermanence).

Si c’est à un lieu ou à un emploi que vous êtes attaché(e), devoir changer pourra sembler insupportable et vous fera souffrir si vous êtes à nouveau dans le refus de la mouvance de la Vie, de la circulation des énergies qui fait que vous, et tout ce qui vous entoure, évoluez. Ajoutez à cela vos projections mentales de doutes (« On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne ») ou de peurs (« Si je perds cet emploi je ne pourrai plus payer ma maison. A mon âge on ne trouve plus rien », etc...) et vous voilà pris(e) dans la spirale infernale.

Tout cela fera « taches » dans votre vie et grosses « tâches » pour vous en sortir. Dans un premier temps, vous allez vous « attacher » à conserver ce que vous avez, puis ensuite vous devrez vous persuader que vous n’aviez pas le choix et vous risquez fort d’entrer dans le jeu de la personne à qui « la vie ne fait pas de cadeaux » ; vous continuerez alors à alimenter le creuset de vos pensées négatives. Beaucoup d’énergie dépensée pour en arriver au même point : la Vie continuera à circuler, donc les changements continueront à s’opérer, mais dans la souffrance tant qu’ils n’auront pas été acceptés (Acceptation - 3ème Clef).

- ( la petite voix ) : "Tu m’as bien dit que j’avais un corps émotionnel et qu’il fallait accepter ses expressions. Alors ? Je dois accepter d’être attaché à une personne (ou autre), mais je dois apprendre à ne pas l’être ? Je ne comprends plus." ...

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