FAUT-IL TUER L’EGO ?

Dès que l’on entreprend une quête spirituelle, le sujet de l’ego devient omniprésent. Il prend une place – qu’il a toujours eue – que l’on conscientise petit à petit et qui dérange. On recherche le Divin en soi et on se heurte au « moi ».

« Moi je cherche… Moi je souffre… Moi je m’interroge… Moi je pense que… Moi j’en suis arrivé là… Mais non, mais non ! Moi j’abandonne mon ego. Nous sommes tous frères et sœurs. Dieu est en moi… Non ! en nous puisque j’ai dit que je n’avais plus d’ego… Plus de moi… Bon, en attendant, je vais préparer le repas pour les autres… Mais j’ai oublié de leur demander ce qu’ils voulaient manger. Je ne peux plus décider, je n’ai plus de moi… Ben oui, mais ?!?… J’ai mal à la tête… A taaaable ! Tout de suite ! Quoi, tu n’aimes pas ça ? Avec tout l’amour (désintéressé !!!) que j’ai mis à préparer ce plat ? Tu ne penses vraiment qu’à toi ! »

Petite scène de la vie quotidienne d’un chercheur de non-ego…

Mais qu’est-ce que l’ego ? C’est le « moi » ! Ce petit moi qui fait que chacun d’entre nous est sur terre avec ses différences et ses ressemblances, son caractère, sa personnalité, son histoire personnelle et, donc, ses raisons d’incarnation.

Quand nous étions dans le domaine vibratoire de notre âme, nous n’avions pas ce petit moi ; tout simplement parce que nous n’en avions pas besoin. Notre Conscience était alors clairement ouverte à notre Divinité et à l’Unité que nous sommes. Mais voilà… Nous avons décidé de vivre des expériences « vivantielles » et, pour ce faire, nous avons décidé de nous incarner. Alors, comme dans « Tintin sur la lune », nous avons chaussé nos semelles de plomb afin de nous ancrer au sol. Nous avons chaussé notre petit moi, notre ego. Dès lors, supprimer l’ego (oublions le terme de « tuer », un peu provocateur, du titre) revient à nous supprimer. Cela ne paraît-il pas logique ? Cependant, nous qui sommes en recherche, nous avons découvert que nous n’étions pas qu’une dimension de Matière, mais que nous avions également une dimension Spirituelle et grande est, pour certains, la tentation de se détourner de cette dimension de Matière. Elle devient abjecte car elle empêche de ne voir que la « Perfection ».

N’y a-t-il pas une aberration dans cette vision des choses ? Si notre part Divine a décidé de s’incarner, comment pourrait-elle rejeter ce qu’elle a choisi ? Ce rejet ne peut provenir que de notre mental, de nos erreurs d’interprétation. A aucun moment nous ne devons rejeter l’un au profit de l’autre. Si notre quête est de retrouver cette Divinité de la Vie – c’est-à-dire l’Unité – c’est bien en unifiant tous les aspects de cette vie – tous nos aspects – que nous y parviendrons. Notre ego est indispensable à notre mission d’incarnation, quelle qu’elle soit. Cependant…

Cependant, s’il ne faut pas rejeter l’ego, il ne faut pas, non plus, le déifier. Il est là pour nous permettre de dire « Je », de dire « oui » ou « non ». Il est là pour nous permettre de prendre « nos » décisions en fonction de « nos » choix conscients ou ressentis. ce n’est pas « moi, personnellement, je prends cette décision », mais « en mon intime conviction je prends cette décision ». Même si c’est contre l’avis des autres.

Comme cela est longuement expliqué dans le livre « En Chemin vers Soi… », le « petit moi » est à la base de l’édifice de notre vie. Je dis bien « de notre vie ». Juste pour cette incarnation. Il ne lui survivra pas. C’est en ce sens que, pour beaucoup, il faut le dénigrer, s’en débarrasser, le « tuer », car il est éphémère et mieux vaut – toujours pour certains – se tourner uniquement vers ce qui est fait pour durer. Mais il existe ! Et là, dans cette incarnation, nous avons besoin de lui. Il faut « simplement » lui donner sa juste place, et pas davantage. Il faut garder cette conscience qu’il n’est que « nos semelles de plomb ». Notre réalité profonde, elle, va bien sûr s’étendre bien au-delà de cet ego.

Progressant sur notre Chemin, nous découvrons alors que rien n’est possible sans l’autre ; que le rôle terrestre que vit l’autre, nous aurions pu choisir de le vivre ; que la souffrance ou le bonheur que vit l’autre, nous avons pu ou nous pourrons les vivre à notre tour. Alors nous sortons du Jugement (2ème Clef de la S.T.E.), alors nous entrons dans l’Acceptation (3ème Clef), alors nous intégrons l’Impermanence et la nécessité du Détachement (4ème et 5ème Clefs). Alors nous entrons dans l’Amour véritable. Alors nous avançons vers l’Unité tant recherchée.

Mais tout cela n’aura été rendu possible que parce que nous aurons accepté notre ego et que nous l’aurons reconnu pour ce qu’il est : l’ancre de notre incarnation. C’est lui qui fait vibrer nos émotions et réagir notre mental pour nous permettre de déceler le meilleur Chemin à suivre pour nous relier à notre Source. Notre Chemin, pas celui du voisin. Et quand nous serons arrivés à destination, nous regarderons tous les chemins empruntés par tous les êtres. Tous ces chemins si différents, mais qui, tous, aurons mené au même but : l’UN.

Dans le fond, tout n’est-il pas toujours une question de

« juste milieu » ?

Marc LUCAS

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