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LA GENETIQUE DEVIENT ENFIN UNE SCIENCE MODERNE

Tout est génétiquement déterminé une fois pour toutes et nos gènes conditionnent notre santé, voilà ce que nous dit la vieille doctrine préformationniste qui, depuis le XVIIe siècle, énonce que tout être vivant est déjà préformé dans le germe et dans l’embryon, et qu’il n’est pas sujet à transformation. Depuis, le discours n’a quasiment pas varié, malheureusement... Car la vérité est tout autre. C’est une science nouvelle qui nous le dit : l’épigénétique. Elle énonce que les gènes s’expriment ou non en fonction de nos habitudes, de notre mode de vie, de notre relation avec la nature, de notre alimentation, mais aussi, malheureusement, des nombreux polluants auxquels nous sommes exposés. En résumé, la doctrine épigénétique démontre l’influence de l’environnement sur le fonctionnement des gènes.

Ses premières observations ont été réalisées à partir.de vrais jumeaux qui évoluèrent vers une santé totalement différente bien qu’ils soient porteurs de gènes strictement identiques. L’un vivait en ville, avait une mauvaise hygiène, une santé déficiente et plusieurs cancers. L’autre, vivant à la campagne, ne développa pas les maladies génétiques qui, pourtant, auraient pu être programmées par les mêmes gènes. L’épigénétique énonce qu’il est possible d’influencer l’expression des gènes sans toucher au génome de l’individu. Par exemple, certains gènes peuvent être réprimés et ne coderont plus de maladie tandis que d’autres vont se mettre en activité et nous protéger. Les premiers peuvent déclencher un cancer et les autres l’empêcher. L’action n’est pas directe mais dépend de facteurs environnementaux qui influencent les protéines sur lesquelles l’ADN est enroulé. C’est ainsi que l’on peut, chez l’animal, changer la couleur de la peau en agissant sur des facteurs purement fonctionnels. Cela signifie aussi, malheureusement, que certaines substances chimiques que l’on ne savait pas cancérogènes peuvent le devenir en induisant la stimulation de gènes censés être inhibés. On admet aujourd’hui que le bisphénol A, un durcisseur des matières plastiques désormais connu de tous, induirait une dérégulation du gène codant l’adiponectine, l’hormone de la satiété qui nous protège du diabète.

Pour l’épigénétique, l’alimentation joue donc un rôle protecteur fondamental. On pense par exemple que les vitamines comme les B9 et B12, à condition qu’elles soient naturelles, ou certains aliments comme le brocoli et l’avocat, rendent réversibles l’expression de gènes pathogènes. La vitamine C bloque la manifestation de pathologies héréditaires comme la maladie de Charcot-Marie-Tooth.

Alors tant pis pour ceux qui pensaient qu’il suffit de changer la photographie de notre carte d’identité génétique pour changer notre devenir.

L’épigénétique, cette génétique moderne, a compris que ce n’est pas le gène qu’il faut changer, c’est son expression !

Paul Dupont

Article paru dans « PRATIQUES DE SANTE Le Journal de la Médecine Naturelle » n° 90 de mai 2009.

 
 
 
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